Thriller humaniste, associer ces deux mots semble une aberration, presque un monstre au sens propre. Provenant du terme anglais thrill qui veut dire « frémir », le thriller recourt en général à des personnages monstrueux pour offrir à son lecteur des sensations fortes.
Comment monstruosité et humanité peuvent-elles donc se trouver associées ?
Alors que le thriller traditionnel se concentre davantage sur l’action et les rebondissements, avec des personnages assez manichéens, le thriller humaniste explore des thèmes tels que la condition humaine, les dilemmes moraux et les injustices sociales, réflexions qu’on retrouve dans le polar rural, le roman social ou le roman noir.
Il présente des personnages de l’entre-deux, que le parcours de vie peut faire passer de l’ombre à la lumière. On s’attache à comprendre leur complexité, qui renvoie à celle du monde dans lequel ils évoluent.
Il privilégie donc la profondeur psychologique des personnages et peut en cela être rapproché du thriller psychologique.
Mais il ne néglige pas pour autant le suspense. La tension narrative sert les personnages. Elle les met dans des situations d’urgence, de crise où ils se révèlent. Ce qui importe alors est moins le crime ou sa résolution que leur évolution.
Je ne sais si mes deux premiers romans, ou les prochains, sont ou seront des thrillers humanistes, je laisserai les lecteurs et critiques en juger, mais je serais fière qu’on les désigne ainsi.
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